L'édito

L'édito

Frédéric Decker de lamétéo.org

Bilan climatique : juillet 2026 record

Dans le prolongement du mois de juin, juillet 2026 a conservé une situation de blocage anticyclonique et de dôme de chaleur avec des records de chaleur à la clef et une sécheresse très implantée. MeteoNews dresse le bilan de deuxième mois d’été exceptionnel.

Des températures records

31 jours sur 31 ont dépassé les normales de saison au cours de ce mois de juillet, comme en 2006. Après la vague de chaleur caniculaire de la seconde moitié de juin, une nouvelle canicule s’est installée du 4 au 19 soit 16 jours (21 jours en juillet 2006, 23 jours en juillet 1983), bien que moins intense que la précédente, mais durable. Le maximum national a alors été atteint le 8 dans l’Hérault à Moulès-et-Baucels avec 43,0 degrés. Par ailleurs, un record de chaleur nocturne national absolu est tombé dans la nuit du 8 au 9 à Vivès, dans les Pyrénées-Orientales, avec 30,6 degrés de minimum, battant les 30,5 degrés du 1er juillet 2017 établis à Marignana, Corse du Sud.

Après une pause, une troisième vague de chaleur a débuté le 28 juillet sur la France.

A noter un petit 4,5 degrés de minimum national relevés le 4, premier jour de canicule, à Mourmelon le Grand, en Haute-Marne, station météo réputée pour ses nuits froides.

La température moyenne nationale affiche 24,3 degrés (+3,8 degrés par rapport à la normale 1991-2020), un record mensuel battant les 23,6 degrés de juillet 2006, et un record tous mois confondus battant les 23,9 degrés d’août 2003 et sa célèbre canicule. Il s’agit du deuxième mois consécutif record de chaleur (22,1 degrés en juin contre 21,6 en juin 2003).

Température moyenne mensuelle nationale en juillet en France; Source: MeteoNews France

Fig. 1: Température moyenne mensuelle nationale en juillet en France; Source: MeteoNews France



De ce fait, le couple juin-juillet 2026 atteint 23,15 degrés de moyenne pour une normale 1991-2020 de 19,40 degrés, soit un excédent record de près de 3,8 degrés. Le précédent record est loin derrière, 1,5 degrés plus bas avec 21,6 degrés en juin-juillet 2022.

Avec un mois d’août parti pour être de nouveau excédentaire, contrariant les tendances saisonnières établies ces derniers mois, l’été 2026 promet d’être le plus torride de ces 80 dernières années, et même de ces 400 dernières années en se référant aux relevés anciens établis dans la capitale.

Sécheresse

Qui dit conditions anticycloniques en situation de blocage dit manque de pluie. Les précipitations ont été rares et faibles tout au long de ce mois de juillet 2026, à de rares exceptions près telles que le sud-est de l’Auvergne, notamment la Haute-Loire ou encore une partie de la Provence en lien avec des orages locaux bien pluvieux. Le « record » de précipitations revient à Chomelix, en Haute-Loire, où il est tombé 145 mm d’eau.

A contrario, certains secteurs n’ont pas vu la moindre goutte de pluie tomber, à Dunkerque par exemple et dans certaines stations de Corse, Meuse, Mayenne, Pas-de-Calais, Alpes-Maritimes, Gard, Haute_Garonne, Var ou dans le Gers.

En moyenne nationale mensuelle, la France a reçu seulement 15 mm de précipitations, loin de la normale de 50 mm sur la période 1991-2020. Le déficit national atteint 70% ! Ce n’est pas le record : en juillet 2022, il n’était tombé que 8 mm. Juillet 2020 avait aussi été plus sec (12 mm) et juillet 1949 au même niveau que cette année (15 mm).

La sécheresse superficielle des sols s’est largement aggravée ce mois de juillet entre l’absence de pluie, la chaleur exceptionnelle et le très fort ensoleillement, équivalente à celle de la mi-août 2022 qui détient le record jusqu’à aujourd’hui.

Orages

Bien qu’assez rares, les orages ont pu être violents localement. Le 16 juillet, un orage puissant a éclaté dans la Loire, donnant 77 mm de pluie à Saint-Chamond ainsi que la formation d’une tornade. Il est également tombé jusqu’à une cinquantaine de mm ce jour-là dans certains secteurs du Cantal, de l’Ardèche ou sur les Savoie.

Le 25 juillet, des forts orages ont touché les régions méditerranéennes avec de la grêle et donnant jusqu’à 57 mm à Apt (Vaucluse), 55 mm à Figues-Mortes (Gard) et 50 mm à Cassis (Bouche du Rhône). A Marseille, des grêlons de 5 cm ont été observés.

Soleil de plomb

Sans surprise, les chiffres d’ensoleillement atteignent et battent des records, parfois très largement. Les 339 heures de soleil à Brest explosent littéralement l’ancien record haut (278 heures en juillet 2022) de même que Rouen (341 heures contre 286 heures en 2006 et même Paris (367 heures contre 352 heures en 1959).

Les chiffres extrêmes du mois sont 268 heures pour le minimum à Biarritz, et le maximum frôle les 400 heures à Bastia avec 397 heures.

La moyenne nationale mensuelle d’ensoleillement atteint 351 heures comme en juillet 2022, chiffre record. La normale 1991-2020 est de 257 heures, soit un excédent de près de 75%.

C’est la cinquième fois depuis 1946 que le couple juin-juillet dépasse 600 heures de soleil avec un record cette année : 656 heures de soleil sur les 2 mois, battant les 638 heures de juin-juillet 1949. Les autres juin-juillet à plus de 600 heures sont 1952, 1976 et 2022.

Un mois de juillet tout à fait exceptionnel, record de chaleur tous mois confondus, l’un des plus secs et le plus ensoleillé avec 2022, faisant suite à un mois de juin exceptionnel… Un été difficile en terme de canicules à répétition, de sécheresse, de stress hydrique pour la végétation, de souffrances pour la faune et la flore en général, et du risque incendie maximal pour de nombreuses régions (la pire saison depuis 1949). Août prend malheureusement le même chemin. Il faut souhaiter le retour de conditions météo dépressionnaires dans les plus brefs délais pour apporter une amélioration de ces conditions catastrophiques.

Frédéric Decker, créateur et webmaster de Lameteo.org

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