|
|
|
![]() |
La climatologie est l'étude des données météorologiques
compulsées sur un certain nombre d'années (généralement 30 ans pour déterminer
les normales climatologiques). Elle permet d'établir des moyennes, des écarts
types et des records pour de nombreux paramètres (température, précipitations,
ensoleillement, vent, phénomènes...) pour un lieu donné. En France, on compte
au moins une station météorologique par département, plus de nombreux postes
climatologiques automatiques ou tenues par des observateurs bénévoles.
Juin 2003 restera dans les annales comme étant le mois de juin le plus chaud depuis l'ouverture des stations (c'est-à-dire environ depuis 60 ans) sur 90% du territoire, sur l'est et le sud en raison des températures minimales et maximales et sur le quart nord-ouest principalement à cause des températures nocturnes qui ont dépassé juin 1976 de 2°! I - TEMPÉRATURES
La canicule sévit pratiquement sans répit du début
à la fin du mois sur l'ensemble de la France, plus particulièrement
sur le flanc Est et les régions de la moitié sud. Juin 1976
qui paraissait pratiquement imbattable sur bon nombre de régions a
été battu de quelques dixièmes de températures
sur le quart nord-ouest. Il a été écrasé le plusieurs
degrés sur l'est, en particulier sur le centre-est.
On retrouve donc des températures moyennes exceptionnelles, largement supérieures aux normales de juillet-août. Mulhouse et Saint-Etienne ont connu le mois le plus chaud tous mois confondus (donc plus chauds que les mois de juillet et août les plus chauds!) depuis 60 ans. On peut presque affirmer que juin 2003 a atteint les valeurs moyennes les plus élevées possibles en France avec les écarts les plus élevés, en particulier sur le centre-est une fois encore. On enregistre par exemple 26°0 de moyenne générale à Lyon contre 17°9 normalement, soit 6°1 d'excédent! C'est la station du Cap Corse qui enregistre la moyenne mensuelle la plus élevée avec 26°4. Plogoff dans le Finistère a davantage respiré et exhibe fièrement sa "petite" moyenne de 16°0 tout de même, ce qui n'est pas mal pour la ville la plus froide d'un mois de juin....
Bien sûr, l'excédent est général et dépasse 1°5 partout (1°5 à Plogoff) et culmine à 7°7 (!!) à Lyon-Bron! L'excédent atteint ou dépasse 6° sur tout le centre-est, zone la plus touchée par cette canicule, plus ponctuellement le nord de la Lorraine et le secteur de Brive-la-Gaillarde-Gourdon, peu épargné par le canicule. Une avalanche de records de chaleur est tombée à plusieurs reprises (les 14, 21, 22...). En voici quelques-uns :
II- PRECIPITATIONS En dehors d'orages localement violents dans le Cher, sur le Calvados ou encore la Seine-Maritime, les pluies sont restées faibles en l'absence de flux perturbé d'ouest. Les deux-tiers du pays ont un cumul inférieur à 50 mm et de nombreuses stations méditerranéennes n'ont pas connu de pluie du tout (dont Nice et Marseille où il n'est pas tombé une goutte). C'est à Saint-Martin-d'Auxigny, dans le Cher, que le cumul le plus important est relevé avec 188,8 mm en raison d'orages successifs.
Généralement déficitaires, les précipitations présentent localement des excédents marqués, notamment entre Deauville et Dieppe en raison des violents orages du début de mois qui ont déversé jusqu'à 110 mm en quelques heures localement. Le nord-ouest de la Vendée connaît également un fort excédent. Mais c'est encore Saint-Martin-d'Auxigny qui se détache des autres stations avec 3,1 fois la normale...
III- ENSOLEILLEMENT La France a connu une excellent ensoleillement durant ce mois de juin, si l'on excepte l'ouest de la Bretagne, l'extrême nord, Paris, les Yvelines et l'extrême sud-ouest de la France où le soleil a brillé moins de 220 heures, avec 180 heures pour la valeur la plus basse à Rostrenen dans les Côtes d'Armor. De la Méditerranée jusqu'au sud de l'Alsace, le seuil des 300 heures est dépassé, avec un maximum de 386 heures à Ajaccio. Ces valeurs sont exceptionnelles avec par exemple 331 heures de soleil à Lyon.
Excédentaire pratiquement partout, l'ensoleillement présente un léger déficit sur toute la façade atlantique, la ville de Paris (pollution?) et la région de Saint-Raphaël. Le déficit atteint 15% à Brest. Partout ailleurs, l'ensoleillement est donc excédentaire, jusqu'à plus de 40% en plus du sud des Vosges à la région de Mulhouse. C'est d'ailleurs Mulhouse qui connaît le plus fort excédent avec 45% d'heures de soleil en plus.
CONCLUSION : Juin 2003 restera une exception : exceptionnellement ensoleillé dans l'est, sec, et excessivement chaud, probablement le plus chaud que puisse subir la France statistiquement, en particulier sur le centre-est où l'excédent a approché 8° sur le mois! On retiendra aussi que chaleur et soleil ont accru la sécheresse qui perdure depuis février et qui devient inquiétante, essentiellement dans le sud. Ailleurs, il s'agit principalement d'une sécheresse de surface qui peut rapidement être résorbée avec quelques semaines pluvieuses.
ARCHIVES |
© Lameteo.org | Site créé le 12 mai 1999 |