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CLIMATOLOGIE DES VILLES DE FRANCE
MES RELEVÉS (depuis 1986) DONNÉES CLIMATIQUES QUOTIDIENNES EN EURE-ET-LOIR
La climatologie est l'étude des données météorologiques compulsées sur un certain nombre d'années (généralement 30 ans pour déterminer les normales climatologiques). Elle permet d'établir des moyennes, des écarts types et des records pour de nombreux paramètres (température, précipitations, ensoleillement, vent, phénomènes...) pour un lieu donné. En France, on compte au moins une station météorologique par département, plus de nombreux postes climatologiques automatiques ou tenues par des observateurs bénévoles.
AOUT 2003
Août 2003 restera certainement dans les annales longtemps comme étant le mois d'été le plus chaud qu'ait connu la France depuis plus d'un siècle, voire depuis 500 ans selon certaines sources. Les stations les plus anciennes (Paris-Montsouris, Châteauroux) ne trouvent aucun équivalent en terme de chaleur extrême. A ces températures extrêmes se sont ajoutées de très faibles précipitations et un ensoleillement exceptionnel. I - TEMPÉRATURES Le mois démarre en trombe avec des températures exceptionnellement élevées jusqu'au 13, avec souvent plus de 35° sur les trois-quarts du pays. Les côtes ne sont pas épargnées en fonction des vents. On retrouve ainsi plus de 35° à Brest, près de 40° à Dinard... Voici d'ailleurs la carte des maxis absolus de ce mois d'août en France :
Les températures moyennes générales de ce mois d'août sont exceptionnelles partout, battant les records des mois d'août 1997, 1990 ou 1947. Elles varient de 18°7 à Sibiril, dans le Finistère, à 29°1 au Cap Corse. En dehors de quelques secteurs des côtes de la Manche et des Ardennes, le seuil des 20° est dépassé partout. La température moyenne calculée entre le 1er et le 12 à Paris équivaut à celle de Tamanrasset, dans le désert algérien. Le thermomètre aurait par ailleurs atteint 44°3 le 12 à Lédignan dans le Gard, valeur apparemment non confirmée par Météo-France. En Ile-de-France, Saint-Maur a enregistré une pointe à 42°2 le 6, record absolu pour l'Ile-de-France depuis plus d'un sicèle. Depuis les premiers relevés météo de son histoire, la Bretagne a pour la première fois atteint et dépassé le seuil des 40° le 5.
Bien sûr, les excédents sont considérables partout, s'étalant de +1°6 à Sibiril à +6°3 à Baigneux-les-Juifs, en Côte d'Or, avec souvent plus de 5° d'excendent des Pyrénées et de la Vendée jusqu'au nord-est. Bien sûr, la période de canicule exceptionnellement forte et prolongée qui s'est produit en première quinzaine a pesé très lourd dans la balance, mais la deuxième quinzaine est restée estivale avec des températures plus "raisonnables" malgré un coup de chaud le 27. Le bialn économique, écologique et sanitaire en France de cette vague de canicule est extrêmement lourd : près de 15.000 morts directement liés à la canicule, 10% des arbres tués par la sécheresse et surtout les températures extrêmes qui ont calcinés certaines espèces, lourd bilan économique également dans le secteur de l'agriculture qui a payé un très lourd bilan de cette chaleur exceptionnelle.
II- PRECIPITATIONS L'omniprésence des conditions anticycloniques ont une fois encore amoindri les précipitations de ce mois d'août qui a souvent été très sec. Il n'a pas plu du tout par exemple à Toulon et Menton. C'est à Livrin-sur-Drôme qu'il a le plus plus avec 277 mm. L'essentiel des pluies a été apporté par des orages, parfois très violents en fin de mois. Le 28, il tombe ainsi 225 mm à Livron-sur-Drôme ou encore 170 mm à Valence-Chabeuil (Drôme).
Comme les mois précédents, les précipitations sont le plus souvent déficitaires, en particulier sur le quart nord-ouest et l'extrême sud-est. Les quelques régions qui connaissent des excédents ont subi des orages violents avec un excédent maximal de +324% à Livron sur-Drôme. Près de 80 départements sont déclarés en zone de restrictions d'eau en raison de la sécheresse persistante, aggravée une fois de plus par la chaleur excessive... III- ENSOLEILLEMENT La répartition de l'ensoleillement diffère totalement d'un mois d'août "normal" avec des valeurs très élevées de la Vendée au nord-est, le long du Rhône jusqu'au Midi-Pyrénées où l'on comptabilise plus de 300 heures dans le mois. Des records sont battus du nord-est au Centre, battant le mythique mois d'août 1976 (309 heures à Châteaudun contre 308 heures en 76). On compte 14 jours à ensoleillement continu en Ile-de-France, notamment sur le sud de la région. C'est à Biscarosse, dans les Landes, que le soleil a brillé le moins longtemps (202 heures) et à Calvi que le maximum est enregistré : 355 heures. C'est au nord de la Loire et sur les Pyrénées-Centrale que l'excédent le plus importants (plus de 30% d'excédent) se manifeste. La palme revient à Nancy qui comptabilise 48% d'heures ensoleillées "en trop". Seule un bande étroite allant des Hautes-Alpes à la région de Saint-Raphaël connaît un faible déficit, atteignant -17% tout de même à Saint-Raphaël.
CONCLUSION : La canicule exceptionnelle, tant en intensité qu'en durée, restera certainement dans les mémoires très longtemps, d'autant que le bilan humain est très lourd, 15.000 morts dans le pays. Il s'agit du phénomène météorologique le plus meurtrier connu en France depuis des siècles. Sans oublier un ensoleillement record du centre au nord-est et des orages parfois très violents. La rafale maximale a été enregistrée à Riorges, dans la Loire, avec 194 km/h le 16!
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